L’innovation n’est pas un flash de génie. C’est un travail dur. Et ce travail dur doit être organisé, suivi et appliqué. Derrière ce travail dur figure une personne motivée, pas nécessairement une professionnelle détenant en poche des diplômes. Il suffit que la volonté soit présente, associée à un esprit créatif et un doigté exceptionnel. En effet, la seule limite à l’innovation est notre propre imagination. Si l’on laisse libre cours à cette dernière, l’art obéira à nos sens et s’affichera sous nos doigts sous mille et une formes. C’est le cas de notre jeune héros…
Imaginez un chat géant de près de 6 mètres constitué uniquement d’écrous et de clous ! Cet énorme chat métallique est la création d’un jeune égyptien, Ibrahim Salah, qui a eu l’idée de concevoir la déesse égyptienne, Bastet, tout en métal. Ce félin inerte pèse près de 400 kg.
Constitué d’écrous, de chaînes métalliques et de rondelles de verrouillage, le chat Bastet se dresse fièrement devant les yeux de son créateur. Ibrahim a mis 30 jours pour concevoir ce gigantesque chef-d’œuvre, réputé pour être le plus grand objet formé de vieilles pièces de fer et de métal rouillé.
« La plupart des statuettes de Bastet mesurent entre 60 et 70 cm. J’ai souhaité en fabriquer une qui soit la plus grande statue en brocante en Egypte. Bastet vaut mon effort », lâche Ibrahim. Il affirme que l’innovation et le recyclage sont deux faces d’une seule monnaie. « J’ai toujours aimé la sculpture depuis mon enfance. J’aime aussi le bricolage et la brocante », raconte Ibrahim qui a créé son propre univers à partir de vieilles pièces rouillées de tous poils.
En utilisant de vieux ustensiles de cuisine, des beautés s’incarnent. Des tuyaux et des raccords de plomberie lui servent de pièces essentielles pour fabriquer des objets d’art ou des objets pratiques pouvant être réutilisés. Ibrahim crée des tables de formes, de tailles et de couleurs différentes, tout en étant fier de son art qui consiste à redonner de l’éclat à des choses que l’on croyait inutiles et moches.
« Pourquoi se débarrasser de ce trésor en fer sans tenter de redonner vie à ces pièces-là par le recyclage ?! », se demande-t-il en affirmant travailler sans être financé par aucune partie civile ou publique.
Ibrahim n’a pas décroché un diplôme universitaire. Le manque de ce bout de papier officiel n’a jamais été un écueil devant son ambition. Il a toujours développé son talent de brocanteur et de bricoleur, en réutilisant de vieilles pièces de fer ou de bronze, des déchets en plastique, des ordures en papier pour en faire des objets réutilisables. « Le recyclage pour moi c’est redonner vie à la laideur », dit-il. Du haut de ses 27 ans, Ibrahim affiche un talent prononcé pour l’art, l’art à partir de la brocante, l’art qui naît de la laideur.
« Pour moi, Bastet est un mélange de civilisation pharaonique, de sculpture et de brocante », indique-t-il avant de livrer son petit secret : « J’ai appris ce genre de recyclage à travers plein de tutoriels sur YouTube. J’ai assisté à de nombreux ateliers en ligne pour enfin être capable de créer mes propres chefs-d’œuvre en y ajoutant ma touche ». Bastet, qui est ce fameux chat pharaonique ?
Bastet est parfois rendue en art avec une portée de chatons à ses pieds, mais sa représentation la plus populaire est celle d’un chat assis regardant devant lui. Qui est Bastet ? Bastet est la déesse égyptienne de la maison, de la domesticité, des secrets des femmes, des chats, de la fertilité et de l’accouchement. Elle protégeait la maison des mauvais esprits et des maladies, en particulier les maladies associées aux femmes et aux enfants.
Comme de nombreuses divinités égyptiennes, elle a également joué un rôle dans l’au-delà en tant que guide et aide aux morts, bien que ce ne soit pas l’une des principales tâches. Elle était la fille du dieu Soleil Râ et est associée au concept de l’œil de Râ (l’œil qui voit tout) et de la Déesse lointaine (une divinité féminine qui quitte Râ et revient pour apporter la transformation).
Son nom était à l’origine B’sst qui est devenu Ubaste, puis Bast, puis Bastet ; la signification de ce nom n’est pas connue ou, du moins, pas universellement acceptée. Bastet est aussi parfois liée au dieu du parfum et des douces odeurs, Nefertum, que l’on croyait être son fils, ce qui lie encore plus la signification de son nom. Bastet était extrêmement populaire dans toute l’Egypte.
Le recyclage comme art
Au 19e siècle où la période industrielle est à son apogée, le recyclage se professionnalise. Actuellement, il y a une grande évolution du recyclage. L’homme crée et fabrique de nouvelles choses pour développer le recyclage.
Le recyclage des matières s’accentue avec le développement de l’industrialisation et, entre autres, l’essor de la sidérurgie au 19e siècle. Dans un monde où la matière devient rare, les entreprises du recyclage, productrices de nouvelles matières premières à partir des déchets collectés répondent aux besoins croissants des entreprises consommatrices. Ainsi les nouvelles matières premières sont-elles devenues une ressource économique stratégique.
Le recyclage dans beaucoup de cas consiste à façonner des objets d’art, des accessoires de décoration et des articles de mode utilisés au quotidien. Ces ordures contiennent du métal, des plastiques et des déchets de marché. Le tri des matières premières doit s’opérer méticuleusement pour s’assurer d’avoir un bon stock du matériel nécessaire.
Et si vos déchets devenaient des œuvres d’art ?
Et si l’éveil des consciences sur l’importance du recyclage passait par… l’art contemporain ? C’est un pari créatif ! De plus en plus d’artistes, égyptiens et étrangers, donnent une seconde vie à nos déchets en les transformant en œuvres originales.
Ils se saisissent de ces déchets laissés par l’homme pour réaliser des œuvres qui poursuivent un double objectif : nous alerter sur l’importance qu’il y a à préserver la nature et inciter à ne pas jeter nos poubelles aux quatre vents. Ce faisant, ils nous démontrent également que la démarche de recyclage est possible, dans l’art comme dans nos vies quotidiennes.
Notre entourage regorge de déchets. Des bouteilles de lait, des rouleaux de papier-toilette, des gants en latex, des canettes de coca, des cartouches de fusil, des tuyaux de plomberie, des stylos secs, des sachets de thé…. etc. tout ce matériel qui semble être bon à rien peut être martelé, étiré, poli, froissé pour enfin être réutilisé dans une œuvre d’art atypique.
Des créations qui invitent à la réflexion pour détecter l’origine même du déchet. En les regardant, les gens seront dans l’émotion, en raison d’une forme, d’une couleur, puis ils tenteront de comprendre quels sont les déchets qui ont permis cette création. Bref, redonner de la valeur aux choses déjà utilisées est un vrai art !